Un article de Christian St-Pierre. Orchidophile passionné depuis plus de 25 ans, il cultive une collection d’orchidées venues du monde entier et crée des terrariums inspirés de l’esthétique victorienne. (Écrire au rédacteur)
Il y a près de dix ans, j’ai acheté une Maxillaria tenuifolia, mieux connue sous le nom de Coconut Orchid en raison de son parfum très particulier qui rappelle la noix de coco.
Prix payé à l’époque : environ 35 $.
Sur le coup, comme bien des achats d’orchidées, on pourrait classer ça dans la colonne « dépense ». Après tout, une orchidée ne verse pas de dividendes, ne produit pas d’intérêts et, jusqu’à preuve du contraire, aucune banque ne l’accepte comme garantie hypothécaire.
Mais avec le recul… je commence à me demander si je n’ai pas fait un de mes meilleurs placements.

Au fil des années, ma Maxillaria a grandi. Puis elle est devenue assez grosse pour être divisée. Les divisions ont poussé à leur tour, certaines ont encore été divisées et, aujourd’hui, je dois avoir près de 15 plants provenant de cette seule orchidée achetée il y a une dizaine d’années.
Petit calcul très peu scientifique : si chacun de ces plants valait simplement les 35 $ payés à l’époque, mon investissement initial représenterait maintenant une valeur théorique de plus de 500 $.
Pas mal pour un placement qui sent la noix de coco!
Évidemment, je triche un peu. Il faudrait soustraire les pots, le substrat, l’engrais, l’eau, l’électricité… et probablement quelques heures passées à regarder pousser une nouvelle pousse en se demandant si elle va enfin fleurir.
Mais quand même.

J’ai d’ailleurs un Oncidium qui a connu sensiblement la même histoire. Lui aussi a été acheté il y a plusieurs années, divisé à quelques reprises et multiplié avec le temps.
Le rendement a été excellent.
Le problème, c’est que j’ai réussi à perdre son nom en cours de route.
Disons que mon portefeuille d’orchidées n’est pas toujours aussi bien documenté que mon portefeuille boursier.

Une plante peut avoir plusieurs vies
C’est aussi ce qui rend la culture des orchidées particulièrement intéressante.
Lorsqu’une plante devient suffisamment grosse, on peut souvent la diviser. On conserve une partie, puis une autre peut être échangée avec un membre, donnée à un ami ou vendue lors d’une activité. (Et c’est justement là que l’Orchi-Rentrée devient intéressante : le 15 septembre, dès 18 h 30, ce sera une première occasion de vendre ou d’échanger entre nous des orchidées et du matériel de culture. Alors, soyez-y!)
Une orchidée achetée aujourd’hui peut donc encore faire partie de votre collection dans dix ou quinze ans… tout en ayant donné naissance à plusieurs autres plantes entre-temps.
Et lorsqu’il s’agit d’une espèce ou d’un hybride plus difficile à trouver, ces divisions peuvent devenir particulièrement intéressantes dans les échanges entre passionnés.
Mais avant de sortir la calculatrice et de transformer votre sous-sol en fonds d’investissement orchidophile, il y a un détail important :
il faut choisir la bonne plante.
Une orchidée rare n’est pas nécessairement une bonne affaire
Une orchidée magnifique qui demande des nuits fraîches, beaucoup de lumière ou une humidité très élevée ne sera probablement pas un excellent investissement si vos conditions de culture ne lui conviennent pas.
C’est là que faire quelques recherches avant d’acheter devient vraiment utile.
- Est-ce une plante de culture chaude ou fraîche?
- A-t-elle besoin de beaucoup de lumière?
- Devient-elle énorme avec les années?
- Est-elle facile à faire refleurir?
- Et surtout : est-ce que mes conditions de culture lui conviennent réellement?
Chez les Orchidophiles de Québec, les commandes de groupe permettent justement d’avoir accès à des orchidées provenant de producteurs spécialisés d’Asie, d’Amérique du Sud et d’ailleurs dans le monde.
On y découvre parfois des espèces et des hybrides qu’on ne verra probablement jamais dans une jardinerie traditionnelle.
C’est formidable… mais une longue liste de noms botaniques peut aussi rapidement ressembler à une langue extraterrestre.
C’est justement ce que Jean Blondeau-Gagnon et Éric Dumont viendront démystifier lors de la conférence sur les commandes d’orchidées présentée à 19 h 15, dans la continuité de la soirée de l’Orchi-Rentrée. Ils expliqueront notamment comment mieux choisir parmi les plantes offertes par les producteurs et comment déterminer lesquelles conviendront réellement à nos conditions de culture.
Comment choisir une plante parmi une longue liste de producteur? Comment savoir si elle conviendra à notre environnement? À quoi faut-il penser avant de commander et lorsque les plantes arrivent?
Autrement dit : comment éviter d’acheter simplement parce que la photo était belle.
Et finalement… dépense ou investissement?
Soyons sérieux deux minutes : acheter une orchidée n’est évidemment pas un véritable placement financier.
Mais c’est rarement non plus une simple dépense.
Une plante bien choisie peut nous accompagner pendant de très nombreuses années, fleurir encore et encore, devenir assez grosse pour être divisée et éventuellement être échangée ou vendue à un autre passionné.
Dans mon cas, ma petite Maxillaria tenuifolia à 35 $ s’est tranquillement transformée en une quinzaine de plantes.
Pendant ce temps, mon fonds iShares PSS (Pépère-et-Sans-Surprise) n’a jamais réussi à multiplier ma mise par quinze. Et lui, en plus, ne sent même pas la noix de coco. 😄
Alors, à l’Orchi-Rentrée, lorsque vous regarderez une orchidée en vous demandant si elle vaut vraiment 35 $, 50 $ ou même un peu plus… ne vous demandez peut-être pas seulement combien elle coûte aujourd’hui.
Demandez-vous plutôt où elle pourrait être dans dix ans 😉





